Apr
8
Le grand retour d’un has-been super
Classé dans Divagations, Sur le blog, Vivre consciemment, Voyages | Laisser un commentaire
Le manque de temps et le travail, accablant, m’ont empêché de mener à bien, que dis-je, de démarrer tout simplement mes projets de sites internet.
Le travail, il serait faux de dire que j’en aie beaucoup moins en ce moment. J’ai changé de boulots pour une fonction qui ne m’occupe plus qu’environ 49 heures par semaine, ce qui est somme toute très raisonnable… par rapport aux 55 heures que j’ai connu. Bien entendu, c’est toujours beaucoup trop.
La motivation de m’y remettre plus sérieusement vient principalement du fait que je sais désormais où tout cela va me mener. Toutes ces heures, tout ce stress, tout cet argent accumulé méticuleusement sur le meilleur compte épargne du marché. Ces loisirs oubliés et ces amis délaissés. Tout ceci avait une raison d’être.
Car enfin, les projets de voyages se concrétisent. C’est bien de cela qu’il s’agit : l’aventure, la liberté. Avoir pour seules obligations d’admirer la beauté de la Terre et du Ciel, et de se nourrir. N’avoir pour seul maître que soi-même. Ne devoir faire semblant de respecter l’autorité d’aucune entité rémunératrice. Vivre chichement, de petits tas de bois et de petits tas de fèves. De l’usure de mes semelles et de la chaleur de l’air. Sentir à nouveau ce que mon corps me transmet, profiter de l’offrande de son corps sans contrainte de temps. Pouvoir me permettre de dormir toute une journée sans culpabiliser sur le temps perdu. Le temps, j’en aurai encore plein demain, et sinon le jour d’après.
J’ai envie de me laisser vivre, c’est-à-dire de m’autoriser à prendre le temps de savourer la vie. Bientôt, très bientôt, j’en aurai la possibilité.
Ca va commencer par une séparation nette de la plupart des biens matériels. Mes meubles. Ma télévision. Mes vêtements. La décoration. La vaisselle. Ma collection de couteaux dont je ne garderai que les utilitaires (car en voyage, ça sert). Tout ce que je ne pourrai emporter avec moi sera revendu sur Ebay et donné sur Freecycle.
Il y aura ensuite ma démission. Psychologiquement, ce sera le plus facile. Je ne travaille déjà plus vraiment là.
Pour finir, il faudra effacer toute trace de mon existence auprès du monde moderne : résiliser mes abonnements de GSM, de téléphone fixe, d’ADSL, de gaz et d’électricité. Dire à la commune que je n’habite plus ici. Me déclarer Sans Domicile Fixe.
Me rendre insaisisable, inclassable, indéterminable… Aux yeux de la société morderne, je n’existerai plus. Plus de possessions, plus de dépenses, plus de position prise, plus de petite case dans laquelle me loger.
Il me tarde de cesser de faire semblant.
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