Aug
18
L’emploi de votre temps
Classé dans Argent, Divagations, Travail, Vivre consciemment | Laisser un commentaire
Quelques réflexions sur le temps…
- Votre temps est trop précieux que pour le gâcher au service d’un employeur. Vous n’avez besoin de personne pour savoir comment employer votre temps, justement. Vous n’avez pas non plus besoin que l’on vous donne un emploi (une utilité), vous avez tous la possibilité d’être utile par votre propre volonté, à l’aide de votre propre gestion du temps.
- N’oubliez jamais que votre temps est à la fois la chose la plus précieuse que vous possédez, et qu’il vous glisse entre les mains, inexorablement, à chaque seconde qui passe. Vous ne pouvez vous permettre de le gâcher.
- Pourquoi accepter de louer votre temps pour un prix aussi dérisoire que celui du salaire moyen? Et pourquoi accepter d’en louer une telle quantité? N’avez-vous rien de mieux à faire? Vous pourriez avoir votre propre activité ou utiliser ce temps à développer des projets personnels. Vous pourriez louer votre temps à d’autres à des tarifs décents. Un consultant indépendant peut facturer 10.000€ l’heure de temps qu’il consacre à conseiller une entreprise. Un coach personnel peut réclamer 500 ou 1000€ en échange de quelques conseils bien avisés. Ces personnes le font parce qu’elles ont compris que leur temps et leurs conseils sont précieux, et que seuls de tels honoraires peuvent justifier d’y consacrer le meilleur de leur énergie mentale. Précisément ce temps et cette énergie mentale qu’on vous soutire pour trois francs six sous dans le cadre d’un emploi salarié.
Des honoraires décents permettent en outre de ne travailler qu’un nombre limité d’heures, ceci afin de consacrer l’essentiel de son temps à soi, à ses proches, à ses rêves et à l’accomplissement de projets personnels.
Ceux qui désirent louer votre temps, c’est-à-dire vous soustraire pendant un certain nombre d’heures à vos activités personnelles, doivent payer le prix fort. Car votre vie privée, vos rêves, vos espoirs et vos propres accomplissements sont ce qui doit primer à vos yeux. Vous n’êtes au service de personne à part vous-même.
- Apprenez à mettre des priorités temporelles. Peu de choses sont réellement urgentes. Celles qu’on vous demande d’accomplir pour hier ne sont pas réellement importantes, sinon elles auraient fait l’objet d’une meilleure planification. Ces projets qu’on vous demande d’accomplir endéans un certain délai avec une succession de deadlines à respecter n’ont implicitement aucune importance pour vous puisque vos supérieurs savent qu’ils sont obligés de vous demander régulièrement des rapports sur leur état d’avancement. Pourquoi acceptez-vous de les accomplir malgré cette absence d’intérêt? En revance, les tâches qui concernent votre épanouissement personnel ne peuvent attendre. Vous rêvez de faire du sport, d’écrire, de partir en voyage avec vos gamins, de faire de la décoration d’intérieur, d’ouvrir une ferme bio? Qu’attendez-vous? Ce sont là de réelles priorités. N’attendez pas d’avoir le temps : prenez-le.
En conclusion :
- reprenez possession de votre temps
- utilisez-le pour développer des passions et des activités personnelles stimulantes qui pourront être rémunératrices
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Jul
6
A votre serf-vice, chef!
Classé dans Argent, Divagations, Travail | 1 commentaire
Préambule : lorsque je parle de travail, je désigne bien sûr le salariat, l’asservissement à temps plein pour le compte d’une entreprise qui nous considère comme une vulgaire ressource (humaine), au même titre que ses machines ou ses avoirs bancaires. Je ne désigne donc pas le fait d’effectuer un labeur physique ou intellectuel au sens large.

Je voudrais faire l’apologie de la farniente. La farniente au sens où je l’entends, c’est-à-dire se consacrer du temps à soi-même, aux plaisirs de la vie et aux gens qu’on aime.
Franchement, qui a encore le temps de faire ça avec le rythme de vie auquel nous sommes tous soumis à l’heure actuelle? Bien sûr, je connais quelques personnes qui, en apparence, ont l’air de continuer à profiter de la vie malgré leur travail harrassant, et leurs horaires abrutissants. Mais tous, sans exception, le font de la même manière : en sortant plusieurs soirs par semaines et en se démontant la tête dans des bars et boites. Ils boivent et dansent toutes les nuits pour oublier. Sûr, ça fonctionne… j’ai eu ce mode de vie pendant un temps également. Toujours en boite, toujours bourré. Et il est vrai que ce système me permettait de tenir le coup. Et chaque matin je retournais faire ce que la société attendait de moi : être un bon petit soldat, productif et obéissant. Mais au final, en vivant ainsi je ne faisais que m’emplir de bruit et d’un trop-plein de sensations diverses et variées pour combler le vide profond dont ma vie intérieure faisait preuve, annihilée par le travail. Le soir venu, plus bon à rien, je sortais m’électriser. Je ne faisais, in fine, qu’entretenir l’état d’abrutissement dans lequel mon emploi me retenait.
Le travail me volait le temps et l’énergie dont j’aurais eu besoin pour penser à moi, créer, envisager de nouvelles possibilités, découvrir, imaginer… Comment avoir encore du tonus mental lorsqu’on vient de passer 8 heures devant Excel avec des collègues qui, eux aussi, n’ont plus une once d’énergie vitale?
Nous gardions simplement la tête hors de l’eau, voilà tout.
Comment est-il possible que les hommes se soient laissé voler l’entièreté de leur temps libre au profit des entreprises? Du lever au coucher du soleil, on attend de nous d’être occupés à servir une entreprise, au lieu de consacrer ce temps à prendre soin de nos propres vies. Au cours du temps que dure une journée, je pourrais m’occuper de mon potager et de mes quelques bêtes, aller me promener, écrire, éventuellement effectuer quelque prestation rémunératrice pour autrui… mais travailler? Alors là, quelle drôle d’idée!
On aurait peine à le croire, mais je pense que l’époque du servage n’est finalement pas si loin. Oh, il y a bien sûr quelques différences. La principale étant que pour garder le bétail motivé à la tâche, le système fonctionne moins sur le principe de la peur des représailles, désormais remplacé par le principe de la récompense. On nous a créé des biens de consommation qui nous apportent des gratifications immédiates. Le marketing entretient notre illusion de besoin de ce type de gratification. Alors on bosse. On bosse pour s’offrir des plaisirs dont on n’a pas besoin et on gâche notre temps, cette chose si précieuse, pour acheter les friandises que ceux qui ont besoin de nous nous ont créées pour nous garder à leur serf-vice. Nous ne sommes donc que de vulgaires chiens, prêts à ramper devant leurs maîtres pour un morceau de saucisse. Pour un peu, nous dirions presque merci lorsque le salaire tombe à la faim du mois. Il faut le faire! Les hommes ont perdu toute dignité depuis le jour où ils ont accepté qu’il y ait des dirigeants et des exécutants.
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