Aug
17
Une introduction à la vie consciente par la notion de frugalité
Classé dans Divagations, Vivre consciemment, Voyages
La vie itinérante que je convoite va pour moi de pair avec la notion de frugalité. En effet, voyager comme je veux le faire implique deux choses :
- il faut minimiser les dépenses
- il faut voyager léger pour pouvoir se déplacer facilement
Je ne vois pas ces deux points comme des contraintes, puisque la vie simple est celle que je pratique depuis l’âge de dix ou onze ans, en tentant sans cesse de l’améliorer. Ceci pour plusieurs raisons : tout d’abord je déteste l’idée de dépenser de l’argent, si dur à gagner, dans des choses qui n’ont pas une utilité réelle et durable. In fine, tout ce dont je n’ai pas besoin ne me sert à rien. Cette notion de nécessité est pour moi capitale. A quoi bon faire une dépense qui n’apporte pas une réelle valeur ajoutée à ma vie? Autre raison : au plus je vieilli, au moins je suis capable de tolérance envers la société occidentale, son productivisme et son consumérisme. La société a fait de nous des esclaves prêts à sacrifier la majorité de notre temps libre pour pouvoir nous payer des choses dont nous n’avons pas besoin mais qui nous permettent de tenir le coup par l’apport de plaisirs compulsifs de courte durée. Nous sommes devenus des drogués dépendants des choses, obligés de prostituer notre âme pour nous sentir exister selon les normes dont on veut nous faire croire qu’elles sont ce qu’on appelle le bonheur. Je ne sais pas (encore) ce qu’est le bonheur, mais une chose est sûre : il ne saurait être constitué ni par une succession d’obligations, d’apparences et de consommations, ni par l’absence totale d’esprit critique et de curiosité qui semble devenir la norme. Afin de minimiser les dépenses d’argent et donc le temps passé au serf-vice de la société, la meilleure option est d’entamer une réflexion sur notre mode de vie et d’agir en conséquence afin de n’en conserver que ce qui est réellement essentiel à notre bien-être.
Voici certains points au sujet desquels j’ai apporté des améliorations au fil des ans… amélioration qui pourront certainement s’avérer utiles en voyage. Certains de ces points peuvent paraître futiles, mais ils forment un tout qui permet au final de réduire de manière drastique les dépenses tout en offrant le bonheur d’utiliser les choses qui nous son réellement utiles de manière optimale et rationnelle.
- Cuisine : bien que nous n’ayons pas renoncé aux plats cuisinés, je suis en train de comprendre que la nourriture cuite ou chauffée m’est de moins en moins nécessaire : depuis une quinzaine de jours je me nourris essentiellement de fruits et de légumes crus, de pain, de divers pâtés végétaux et de fromages. Les deux ou trois repas cuisinés que j’ai ingérés ont été préparés et achetés à l’extérieur, sur un marché ou dans une échoppe de rue. Je ne prétends pas que ceci puisse durer éternellement, mais pour l’instant ce système me convient très bien. N’ayant pas préparé de riz, de pâtes, de pommes de terre, de viandes ou de légumes cuits, je n’ai donc pas eu besoin de poêles, casseroles, cuiseurs vapeurs, fours et autres machines, et à fortiori de l’électricité nécessaire à leur fonctionnement. J’ai cependant consommé des jus de fruits fraîchement pressés, ceux-ci ayant été préparés à l’aide d’un mixeur multi-fonctions. Il faudra que je trouve une alternative à ce sujet.
- Médias : il y a tellement longtemps que je n’ai plus acheté de cd/dvd/livres que je ne m’en rappelle pas la date. Ca doit remonter à plus de cinq ans. L’industrie du média est un tel gouffre à pognon qu’il me paraît difficile de ne pas trouver son fonctionnement ahurissant si on prend la peine d’y réfléchir une minute. 20€ pour un livre ou un album de musique. 30€ pour un film. C’est-à-dire entre deux et trois heures de salaire ou encore de quoi manger bio pendant trois à quatre jours. Là-dessus, un artiste musical ou un écrivain toucheront entre 0,50€ et 2€ par cd ou livre vendu. Il me semble qu’il y a là quelque chose qui cloche…
- Téléphonie : après plusieurs années d’utilisation -parfois intensive- du portable, j’ai fini par résilier mon abonnement il y a quelques mois. Pas une fois il ne m’a manqué depuis lors. Nous avons acheté une carte pré-payée pour le ménage, qui ne nous sert qu’en cas d’absolue nécessité.
- Vêtements : je vis dans un short et une paire de jeans, quelques t-shirts, paires de chaussettes et caleçons. J’ai également un pull et un gilet, une paire de chaussures et une paire de sandales. C’est tout. Je n’achète pas de vêtements dont je n’ai pas réellement besoin. Du point de vue des lessives, je peux mettre le jean et le short alternativement pendant plusieurs semaines sans qu’ils ne dégagent d’odeurs malodorantes ou ne soient souillés. Cela signifie donc que je ne lave mes vêtements qu’en cas de réelle salissure ou lorsque les règles minimales d’hygiène le réclament. De même, je peux porter la même paire de chaussettes sans odeur entre deux et cinq jours de suite. (Je fais cela depuis plusieurs mois et n’ai jamais eu le moindre champignon, merci de vous en être inquiétés.) Je remplace chaque jour mes t-shirts et caleçons. Les premiers parce que ma transpiration m’y oblige, les seconds parce que je n’ai pas encore pu franchir le cap psychologique de les porter deux fois de suite. J’ai là encore un travail sur moi-même à accomplir.
- Se laver : pour l’instant une douche chaque matin. Pas vraiment nécessaire à vrai dire, j’essaie donc de les écourter en lavant principalement mes parties intimes et les endroits où je transpire. Je garde mes aisselles rasées pour limiter la prolifération de bactéries et donc d’odeurs liées à la transpiration. J’utilise une pierre d’alun, produit totalement naturel, plutôt que du déodorant pour limiter encore le développement des bactéries et garder une bonne odeur tout au long de la journée.
- Dents : les dentistes auprès desquels j’ai fait mes derniers check-ups annuels m’ont tous félicité pour mon excellente hygiène dentaire. Je n’utilise pourtant pas de dentifrice tous les jours. Mon hygiène dentaire consiste en de rigoureux brossages après chaque repas et en-cas, sans aucun dentifrice. L’action mécanique est déjà suffisante pour enlever les restes de nourriture ainsi que le début de plaque. Seul le brossage du matin fait généralement l’objet de l’utilisation de dentifrice, pour ses propriétés anti-bactériennes.
- Cheveux : le cuir chevelu secrète du sébum qui sert à protéger les cheveux. C’est cette substance qui rend les cheveux gras lorsque la sécrétion en devient trop importante. L’utilisation du shampoing a pour effet d’éliminer le dépôt de sébum sur les cheveux, ce qui entraîne une sécrétion accrue de celui-ci. Au plus souvent les cheveux sont shampouinés, au plus les cheveux sont rendus secs, et au plus la sécrétion de sébum qui en résulte sera importante. Conséquence : les cheveux deviennent gras trop vite. Solution : se laver les cheveux moins souvent. J’ai personnellement remarqué que se laver les cheveux tous les cinq à sept jours permet de limiter la surproduction de sébum tous en les gardant raisonnablement propres. Il faut simplement permettre à son cuir chevelu de s’adapter à ce nouveau rythme. Si vous faites l’essai, vous constaterez qu’après environ un mois de lavage à cette fréquence, vos cheveux seront de moins en moins gras.
- La télévision : je ne regarde pas la télévision. En sus de l’économie réalisée par l’absence du coût prohibitif des divers abonnements, ceci m’apporte un gain d’argent indirect pour plusieurs raisons :
- pas de publicités qui pourraient me donner envie d’acheter des choses inutiles
- aucune connaissance des icônes dont le mode de vie baigné dans les extravagances financières, à force de les voir mises en valeur, pourraient m’attirer
- aucun lavage de cerveau par rapport à l’idéalisation de notre belle société dont font l’objet émissions de variétés, séries et journaux “d’information”
- Chauffage : s’il fait froid, je mets un pull. Si j’ai toujours froid, je me mets sous une couverture. Savez-vous ce que coûtent un litre de mazout ou un m³ de gaz naturel? Mon temps est trop précieux que pour le gâcher à gagner des sous qui ne serviront qu’à me permettre le caprice de vivre à 22°c.
- Sorties : nous préférons inviter les amis à nous rendre visite plutôt que de sortir dans un bar qui nous facturera entre 4 et 10€ le verre pour avoir le privilège de baigner dans une atmosphère enfumée et bruyante pendant plusieurs heures.
- Conduite : je suis pour l’instant dans l’impossibilité de dissocier la notion de liberté de la possession d’un propre moyen de locomotion. Tant que les transports en commun ne me sembleront pas d’un rapport qualité/prix suffisamment intéressant je continuerai à utiliser la voiture. Voiture que je pratique en employant une conduite digne d’un conducteur d’autocar : conduite coulée, utilisation maximale du couple (toujours se trouver dans le régime moteur qui apporte le meilleur rendement), utilisation du frein moteur, conduite anticipée évitant les freinages et accélérations inopportuns, etc. Tout s’apprend.
- …
La conclusion que je souhaite apporter à cet article est la suivante : je pense que nous pouvons tous améliorer nos habitudes de vie, quel qu’en soit le but final. Le point commun de toute amélioration est la nécessité de vivre consciemment. Prendre conscience de nos actes et de leurs conséquences, prendre conscience de nos besoins réels et de la meilleure manière de les satisfaire. Distinguer ce qu’on fait par choix et ce qu’on fait par obligation.
Bref, accéder à une vie pleinement consciente est le défi principal qui s’offre à chaque être humain. Quitter le mode zombie, le mode radar… et s’éveiller pour diriger réellement sa vie.
Si vous avez aimé cet article, abonnez-vous au flux rss, ou inscrivez votre adresse e-mail pour recevoir directement les prochains textes dans votre boite.
Commentaires
Répondre