Aug
15
L’insatisfaction
Classé dans Divagations, Vivre consciemment
Se complaire dans une situation donnée c’est abandonner toute réflexion sur ladite situation et donc toute possibilité d’amélioration. Même si la situation en question est plaisante, il faut rester sur ses gardes en se demandant constamment s’il n’y a pas moyen de trouver mieux. L’insatisfaction est un attribut que l’on se doit de cultiver et maîtriser (afin de ne pas tomber dans l’excès) si l’on tient à garder une certaine estime de soi. En effet, être insatisfait permet de s’octroyer le droit, le luxe de s’offrir continuellement de meilleures situations : c’est un cadeau que l’on se fait à soi-même. A contrario, s’interdire d’accéder à mieux ne permet pas de se percevoir comme quelqu’un qui dirige sa propre vie de main de maître… Comment se respecter en pareil cas?
Comme toujours, je précise que « mieux » ne signifie pas forcément : de plus grosses rentrées d’argent, un boulot à un poste plus élevé, etc. Non, simplement je parle d’oser aller plus loin que là où on est déjà arrivé, quel que soit le domaine concerné.
Bien sûr, profiter d’une situation agréable pour une certaine durée me parait tout à fait normal et il faudrait être masochiste pour ne pas le faire. Une fois que le plaisir a été allègrement consommé il y a cependant lieu de reprendre sa quête du mieux, et ce sans craindre la perte de ce qu’on a déjà. On ne peut sainement accepter que les motivations principales à rester dans une situation donnée soient la peur de l’inconnu et la peur de perdre ce qu’on a déjà. Ces crainte ne sont que les symptômes d’un manque de confiance en sa propre capacité à se créer de nouvelles situations encore plus favorables (ou moins défavorables, selon) que celles qu’on a connues.
In fine, il s’agit simplement de trouver le juste milieu entre d’une part l’insatisfaction maladive qui mène à l’impossibilité de prendre du plaisir, et d’autre part la flemme crasse de se sortir d’une situation dans laquelle on est vautré depuis trop longtemps.
There’s no comfort in growth, and no growth in comfort.
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