Jul
19
Trois semaines avant la grande libération
Classé dans Divagations, Travail
J’ai depuis une semaine le loisir de ne plus travailler qu’une vingtaine d’heures hebdomadaires. * Quel changement. La vie à l’occidentale en deviendrait presque supportable. Je dis bien presque, car en réalité cet avant-goût de liberté ne fait que me rendre un peu plus sauvage chaque jour. Il me devient difficile de me contenir face à la bêtise de mes deux patrons. D’autant plus qu’ils jouent leur coup classique de vouloir dévaloriser la qualité de mon travail, ne pouvant supporter qu’un individu exerce sa liberté de partir, préférant donner l’impression que la décision de mon départ viendrait plutôt d’eux-mêmes. Quoi de plus fabuleux que la mauvaise foi patronale…
J’ai découvert le chouette blog de deux français qui sont partis cette année passer plusieurs mois en Nouvelle-Zélande, selon exactement le même schéma que celui que moi et Natha avons l’intention de suivre : à savoir l’achat d’un van aménagé dès l’arrivée sur place, sillonner les routes en entrecoupant les trajets de randonnées dans les magnifiques parcs nationaux du pays, de séjours en wwoofing ** et, s’il le faut pour préserver notre réserve d’argent, de participation à divers travaux saisonniers de cueillette. La découverte de leur blog m’a permis de récupérer un peu d’énergie pour tenir le coup durant les trois semaines qui me restent à tirer, en me permettant de me projeter plus concrètement dans l’avenir.
J’ai bien conscience de ne transmettre que peu de choses positives dans l’écriture actuelle de ce blog et, pour tout dire, je déteste parler ainsi négativement de la situation dans laquelle je me trouve encore, puisqu’in fine j’arrive enfin au point que j’attendais depuis des mois et que, bon sang, cette situation N’EST PAS, objectivement, si terrible. Il y a des gens qui crèvent de faim pendant que je me tape trois restos par semaine. Je crois simplement que j’en suis arrivé à un point où tellement d’énergie à été dépensée à me battre contre l’hypocrisie, la malhonnêteté, les mensonges et l’emploi du temps me coupant de tout loisir et de toute vie sociale, que les limites de l’optimisme et de la confiance en l’avenir qui me caractérisent d’ordinaire ont été atteintes. Fort heureusement, mes fonctions intellectuelles sont petit à petit en train de se remettre à fonctionner et j’espère pouvoir adopter un ton plus positif très prochainement. Après tout, le but premier de ce blog est de montrer à tous qu’il y a une porte de sortie, une échappatoire heureuse à ce qu’on veut nous faire vivre.
* Ceci durera jusqu’à ma libération complète le huit août. C’est un arrangement “à l’amiable” convenu avec mes geôliers, en quelque sorte.
** Le wwoofing (de WWOOF : WoldWide Opportunities on Organic Farms) est un système mettant en relation des agriculteurs bio et des voyageurs itinérants prêts à rendre quelques services au sein d’une ferme. Les intérêts de ce système sont multiples : ils permettent aux voyageurs de vivre avec les habitants du pays qu’ils visitent et de s’initier aux pratiques de la culture biologique, tout en se voyant offrir le gîte et le couvert pour un travail d’une durée de quatre à six heures par jour maximum.
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