Et voilà. Ma démission est donnée, les arrangements concernant mon départ sont fixés.

Dès le 09 août, je serai un homme redevenu libre de toute attache : sans emploi, sans logement, sans obligation autre que celle de trouver à manger pour survivre et un toit pour la nuit.

A l’annonce de mon départ, plusieurs membres de mon équipe m’ont appellé pour me demander ce que j’allais faire… j’avoue avoir eu de la peine à leur expliquer ma manière de voir la vie de manière totalement exhaustive. Je ne tiens ni à les remonter contre mon entreprise ni contre la société en général. Après tout, la vie est bien plus simple quand on suit le chemin qui nous est tracé par les contraintes sociales. Je ne tiens pas non plus à passer pour un manager qui a pêté les plombs ou pour un aventurier qui aurait compris des choses extradordinaires. J’ai presque envie de leur dire que j’ai trouvé un poste plus intéressant ailleurs, pour ne pas trop les bousculer. Je ne suis plus comme je l’étais lorsque, adolescent et jeune adulte, j’avais envie d’ouvrir les yeux des gens afin de les pousser à créer le désordre. Après tout, qui suis-je pour définir ce qui est bien ou mal, supportable ou souhaitable, vivable ou invivable? Chacun a sa propre réalité dans laquelle il trouve ses manières propres de s’épanouir ou non. Chacun est responsable de soi. Je ne détiens aucune vérité universelle qui pourrait raisonnablement me pousser à faire changer les gens.

C’est prioritairement un besoin égoïste que je satisfais en abandonnant tout. J’ai besoin de me sentir détaché de tout, de ne plus avoir de contrainte. C’est un besoin vital qui chez moi va même jusqu’à ne plus supporter le poids des vêtements sur mon corps. Je ressens chaque attache comme un fardeau. Je me suis rendu compte que bon nombre des poids qui m’étreignent découlent de la vie à l’occidentale. Produire pour consommer. S’engager pour la durée. Etre modéré dans ce que l’on exprime. Ne pas faire de vagues. Etc. Je quitte tout ça. Je quitte tout. Je vais vivre comme une simple particule atomique : unique, légère, libre.

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